‹ Fables et œuvres diverses de J. LaFontaineChapitre 212 sur 287 · V. L<e vieux Chat et la jeune Souri · texte numérisé non relu

V. L<e vieux Chat et la jeune Souri

Une jeune souris, de peu d'expérience,

Crut fléchir un vieux chat, implorant sa clémence,

Et payant de raisons le Raminagrobis :

Laissez-moi vivre : une souris De ma taille et de ma dépense Est-elle à charge en ce logis?

Affamerais-je, à votre avis, L'hôte, l'hôtesse, et tout leur monde D'un graiu de blé je me nourris :

Une noix me rend toute ronde.

A présent je suis maigre; attendez quelque temps :

Réservez ce repas à messieurs vos enfants.

Ainsi parlait au chat la souris attrapée.

L'autre lui dit : Tu t'es trompée :

Est-ce à moi que l'on tient de semblables discours?

Tu gagnerais autant de parler à des sourds.

Chat , et vieux , pardonner ! cela n'arrive guères. Selon ces lois, descends là-bas, Meurs, et va-t'en, tout de ce pas, Haranguer les soeurs filandières :

Mes enfants trouveront assez d'autres repas.

II tint parole. Et pour ma fable Voici le sens moral qui peut y convenir :

La jeunesse se flatte, et croit tout obtenir La vieillesse est impitoyable.

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