I. Si pcnsare animas sinerent crudelia fata
Et posset redimi morte aliéna salus; Quantulacunque meaî debentur tempo ra vitre,
Pensassem pro te, cara Homonœa, lifoens. At nunc, quod possum, fugiam lucemque deosque,
Ut te matura per Styga morte sequar.
ATIMÈTE.
1. S'il suffisait aux destins qu'on donnât sa vie pour celle d'un autre, et qu'il fût possible de racheter ainsi ce que l'on aime, quel ■que soit le nombre d'années que les Parques m'ont accordé, je le donnerais avec plaisir pour vous tirer du tombeau, ma chère Homonée; mais cela ne se pouvant, ce que je puis faire est de fuir le jour et la présence des dieux, pour aller bientôt vous suivre le long du Styx.
HOMONKE.
IL Quittez, ô cher époux! cette triste pensée; Vous altérez en vain les plus beaux de vos ans : Cessez de fatiguer par des cris impuissants La Parque et le Destin, déités inflexibles. Mettez fin à des pleurs qui ne les touchent point : Je ne suis plus; tout tend à ce suprême point. Ainsi nul accident , par des coups si sensibles , Ne vienne à l'avenir traverser vos plaisirs ! Ainsi l'Olympe entier s'accorde à vos désirs ! Veuille enfin Atropos au cours de votre vie Ajouter l'étendue à la mienne ravie !
III. Et toi, passant tranquille, apprends quels sont nos maux : Daigne ici t'arrêter un moment à les lire.