‹ Fables et œuvres diverses de J. LaFontaineChapitre 46 sur 287 · VII. I/Iv rogne et sa F enraie · texte numérisé non relu

VII. I/Iv rogne et sa F enraie

Chacun a son défaut, où toujours il revient :

Honte ni peur n'y remédie.

Sur ce propos , d'un conte il me souvient :

Je ne dis rien que je n'appuie De quelque exemple. Un suppôt de Bacclius Altérait sa santé, son esprit, et sa bourse : Telles gens n'ont pas fait la moitié de leur course

Qu'ils sont au bout de leurs écus.

Un jour que celui-ci, plein du jus de la treille, Avait laissé ses sens au fond d'une bouteille, Sa femme l'enferma dans un certain tombeau.

Jfà. les vapeurs du vin nouveau Cuvèrent à loisir. A son réveil il treuve1 L'attirail de la mort à l'entour de son corps,

i Trouve. Nous avons déjà remarqué l'emploi du mot treuve par La Fontaine, voyez liv. II, fable xx.

Vn laminaire, un drap des morts.

Oh! dit-il. qu'est ceci? Ma femme est-elle veuve? Là-dessus, son épouse, en habit d'Alecton, Masquée, et de sa voix contrefaisant le ton. Vient au prétendu mort, approche de sa bière. Lui présente un cbaudeau1 propre pour Lucifer. L'époux alors ne doute en aucune manière

Qu'il ne soit citoyen d'enfer.

Quelle personne es-tu? dit-il à ce fantôme.

La cellériere du royaume De Satan . reprit-elle : et je porte à manger

A ceux qu'enclôt la tombe noire.

Le mari repart , sans songer :

Tu ne leur portes point à boire?

Page 1