‹ Fables et œuvres diverses de J. LaFontaineChapitre 6 sur 287 · I. L.a Cigale et la Fourni · texte numérisé non relu

I. L.a Cigale et la Fourni

La cigale , ayant chanté

Tout l'été , Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue :

Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau.

Elle alla crier famine Chez la fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle.

Je vous paierai , lui dit-elle , Avant Tout1, foi d'animal, Intérêt et principal.

La fourmi n'est pas prêteuse :

C'est là son moindre défaut.

Que faisiez-vous au temps chaud?

Dit-elle à cette emprunteuse. — Nuit et jour g tout venant Je chantais, ne vous déplaise. — Vous chantiez ! j'en suis fort aise :

Eh bien ! dansez maintenant.

i Avant la moisson, qui se fait au mois d'août, qu'on prononce oût; et ce dernier mol, sous cette forme, dans notre ancien langage, se preud pour la moisson. On disait autrefois un aousteron (oustoron) pour un moissonneur. Voyez le Thrésor de la lancine ffançoysej de Nicot, in-folio, 1606, p. 3.">. Voyez encore la note sur la fable ix du livre V.

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