II. L.e Pot «le terre et le Pot «le fer
Le pot de fer proposa Au pot de terre un voyage.
Celui-ci s'en excusa, Disant qu'il ferait que sage2 De garder le coin du feu :
Car il lui fallait si peu, Si peu , que la moindre chose De son débris serait cause :
i On disait autrefois hoquet pour bosquet, et boqulllon pour bosquillon, apprenti bûcheron qui travaille aux bosquets.
2 Qu'il ferait fort sagement. Ancienne locution. « Tu fais que sage « de confesser la vérité avant qu'on te donne la géhenne pour le « la faire dire. » Amyol, tradlict. de Plutarque. Vie de Marc-Antoine, chap. mi.
Il n'en reviendrait morceau.
Pour vous , dit-il , dont la peau
Est plus dure que la mienne ,
Je ne vois rien qui vous tienne.
Nous vous mettrons à couvert,
Repartit le pot de fer :
Si quelque matière dure
Vous menace d'aventure ,
Entre deux je passerai,
Et du coup vous sauverai.
Cette offre le persuade.
Pot de fer son camarade
Se met droit à ses côtés.
Mes gens s'en vont à trois pieds
Clopin dopant comme ils peuvent,
L'un contre l'autre jetés
Au moindre hoquet1 qu'ils treuvent2.
Le pot de terre en souffre ; il n'eut pas fait cent pas Que par son compagnon il fut mis en éclats ,
Sans qu'il eût lieu de se plaindre.
Ne nous associons qu'avecque nos égaux ; Ou bien il nous faudra craindre Le destin d'un de ces pots.