VII. I«e fcatyre et le Passant
Au fond d'un antre sauvage Un satyre et ses enfants Allaient manger leur potage, Et prendre l'écuelle aux dents.
On les eût vus sur la mousse , Lui , sa femme , et maint petit : Ils n'avaient tapis ni housse, Mais tous fort bon appétit
Pour se sauver de la pluie, Entre un passant morfondu.
Au b rouet on le convie :
Il n'était pas attendu.
Son hôte n'eut pas la peine De-le semondre ' deux fois.
D'abord avec son haleine Il se réchauffe les doigts.
Puis sur le mets qu'on lui donne, Délicat, il souffle aussi.
Le satyre s'en étonne :
— Notre hôte , à quoi bon ceci ?
— L'un refroidit mon potage ; L'autre réchauffe ma main.
i De l'inviter.
168 LIVRE Y. FABLE YIII.
— Vous pouvez , dit le sauvage , Reprendre votre chemiu.
À~e plaise aux dieux que je couche Avec vous sous même toit !
Arrière ceux dont la bouche Souffle le chaud et le froid !