LE CHAT, LE CHIEN, ET LE MAITRE
Amitié ! doux penchant que la nature a mis Au nombre des besoins pour tout être sensible, Bien que par choix le sage à ton joug soit soumis , D'un peu d'illusion n'es-tu pas susceptible ?
Chacun veut avoir des amis.
Ne vous en faut-il pas , bonnes gens que vous êtes ,
Dans les plaisirs , dans le danger , Pour conserver vos biens , voire pour les manger ? Sans eux , rien de complet dans vos deuils , dans vos fêtes , Point de doux entretiens, point de joyeux repas; Et , si chez les humains vous n'en rencontrez pas ,
N'en cherchez-vous pas chez les bêtes ?
Monsieur Guillaume en avait deux :
C'était son chien , son chat. Assis au milieu d'eux , Voyez-le, chaque jour, accorder part égale
A ces fidèles commensaux , Des mets les plus exquis , des plus friands morceaux
Dont à dîner il se régale.
Aussi comme on l'aimait ! « Je veux , disait Raton ,