‹ Fables et poésies diversesChapitre 116 sur 257 · AUX AMIS QUI ME RESTENT · texte numérisé non relu

AUX AMIS QUI ME RESTENT

Voyez, à l 'arrière-saison ,

Sous le fléau qui le travaille ,

Le blé jaillir de sa prison

Et se séparer de la paille.

Bientôt après, dans le grenier

Où le métayer le renferme ,

Où d'un bras souple autant que ferme Le vanneur le tourmente en ce vaste panier 79 j Voyez-le , s'épurant par cette autre fatigue ,

Se séparer du mauvais grain, Qui trop souvent au bon dispute le terrain , Et dont la providence est vraiment trop prodigue.

C'est votre histoire , ô mes amis !

Si l'épreuve un peu rude où le sort m'a soumis A tant soit peu réduit votre nombre, j'atteste

Que, sur cet osier agité

Par les mains de l'adversité ,

Le pur froment du moins me reste.

FABLE XIII

LA FUSEE.

En lumineux sillons , dans son élan rapide , Du sein de la poussière allant frapper les cieux , D'où vient que la fusée , échappant à nos yeux , Tout aussitôt se perd dans l'ombre et dans le vide ? C'est que l'ardent salpêtre enfermé dans son cœur Brise , en la consumant de sa propre splendeur , Cette prison qu'il s'est ouverte.

La cause de notre grandeur Peut l'être aussi de notre perte.

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