‹ Fables et poésies diversesChapitre 118 sur 257 · LES DEUX BAMBOUS · texte numérisé non relu

LES DEUX BAMBOUS

L'an passé , c'était l'an quarante ; L'an passé , le grand-turc disait au grand-visir : « Quand pour régner sous moi j'ai daigné te choisir , « Rustan , je te croyais d'une humeur différente.

« Rustan met son plus grand plaisir « A me contrarier ; quelque ordre que je donne ,

a Au lieu d'obéir , il raisonne *

« Toujours des si, toujours des mais;

« Il défend ce que je permets ;

« Ce que je défends , il l'ordonne.

« A rien ne tient qu'ici je ne te fasse voir « A quel point je suis las de ces façons de faire. « Tu frises le cordon sans t'en apercevoir. « Va-t'en. Qu'on fasse entrer mon grand- eunuque noir. « C'est celui-là qui connaît son affaire ; « C'est celui-là qui, toujours complaisant, « Sans m'étourdir jamais de droit et de justice ,

« N'ayant de loi que mon caprice ,

« Sait me servir en m'amusant.

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