L HERMINE ET LE HERISSON
— Adieu, voisin le hérisson.
— Pourquoi partir , gentille hermine ?
— Du cor n'entends-tu pas le son ?
Vers nous le chasseur s'achemine.
— Doit-il te causer tant d'effroi?
— Déjà retentit son tonnerre.
— Crois-moi , ce n'est ni toi ni moi Que poursuit sa juste colère ; C'est aux voleurs , c'est aux tyrans , C'est aux ours , aux loups dévorants , Qu'il déclare à grand bruit la guerre.
Quant à toi , paisible animal ,
Qui ne lui fis jamais de mal , Que ton pauvre cœur se rassure :
Pourrait-on te haïr ? — Hélas !
Je crois bien qu'on ne me hait pas ; Mais on en veut à ma fourrure.