‹ Fables et poésies diversesChapitre 138 sur 257 · LES SOULIERS NEUFS · texte numérisé non relu

LES SOULIERS NEUFS

J'aime une chaussure commode, Où sans être gêné mon pied soit affermi.

« Fais-toi donc chausser à la mode , »

Me dit l'autre jour un ami.

« Parmi les cordonniers dont notre siècle abonde « Je veux t'en donner un qui , de Paris entier « Depuis long-temps connu , fait son noble métier

« Le plus élégamment du monde.

« Il n'est pas de ceux-là qui, le genou ployé,

« Te viendront prendre la mesure :

« Un coup d'oeil lui suffit. Pour tailler ta chaussure « Le plus moelleux des cuirs est déjà déployé ;

« Sous le tranchant qui le découpe

« Quels heureux contours il a pris !

« Quelle est heureuse aussi la coupe

« Qui dessine à mes yeux surpris

« Cette surface étroite et plate « Qui des corps les plus durs et des temps les plus froids,

« Et souple et solide à la fois ,

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