‹ Fables et poésies diversesChapitre 163 sur 257 · LIVRE VIII · texte numérisé non relu

LIVRE VIII

« Ces formes que l'amour se plut à dessiner ,

« Et tous les dons qu'en vous rapprocha la nature.

« O des coursiers le plus parfait !

« A-t-011 jamais uni, même dans votre race,

« Tant de vigueur et tant de grâce ?

« C'est pour vous que l'empire est fait.

« Que cette pourpre en soit la marque , « Comme aussi ce bandeau que je veux attacher « Sur ce beau front , qu'il doit parer sans le cacher.

« Des coursiers soyez le monarque. »

Ce disant, le matois, déployant le licou,

S'approchait : « Me crois-tu si fou ,

« Qu'à ce lacs je tende le cou ,

« Dit en ruant la noble bête ?

« Le bandeau dont tu veux embéguiner ma tête , « A l'or près , est celui dont je vois enchaînés « Tant et tant d'animaux qu'on mène par le nez. « Cherche ta dupe ailleurs. Où je vois une entrave « Je ne vois rien de bon ; remporte ton trésor: « Qu'un frein soit de fer ou d'or , « Qui l'accepte est un esclave. »

FABLE XL

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