LE BATTEUR D OR
Chez un batteur d'or, ce matin, J'admirais à quel point ce métal peut s'étendre :
Pour me le faire mieux entendre Sous le marteau cet homme avait mis un sequin.
Je vois bientôt cette paillette,
Deux fois moins large qu'un jeton, Tout en s'amoindrissant , s'étaler de façon Que la voilà deux fois plus large qu'une assiette. « En frappant, je pourrais l'étendre plus encor, « J'en pourrais , disait-il , dorer ma chambre entière ,
« Tant extensible est la matière ' ' 3 ;
« Mais ne soufflez pas sur cet or ,
« Il s'envolerait en poussière.
« — Ceci , dis-je , aide à concevoir « Ce que sait tel docteur qui prétend tout savoir ; « Un peu plus qu'il ne vaut , je crois qu'il s'apprécie. « L'esprit dans ses travaux n'est-il pas limité ?
« Il doit perdre en solidité
« Ce qu'il gagne en superficie. »
a8o FABLES.
FABLE XIII