‹ Fables et poésies diversesChapitre 164 sur 257 · LE BATTEUR D OR · texte numérisé non relu

LE BATTEUR D OR

Chez un batteur d'or, ce matin, J'admirais à quel point ce métal peut s'étendre :

Pour me le faire mieux entendre Sous le marteau cet homme avait mis un sequin.

Je vois bientôt cette paillette,

Deux fois moins large qu'un jeton, Tout en s'amoindrissant , s'étaler de façon Que la voilà deux fois plus large qu'une assiette. « En frappant, je pourrais l'étendre plus encor, « J'en pourrais , disait-il , dorer ma chambre entière ,

« Tant extensible est la matière ' ' 3 ;

« Mais ne soufflez pas sur cet or ,

« Il s'envolerait en poussière.

« — Ceci , dis-je , aide à concevoir « Ce que sait tel docteur qui prétend tout savoir ; « Un peu plus qu'il ne vaut , je crois qu'il s'apprécie. « L'esprit dans ses travaux n'est-il pas limité ?

« Il doit perdre en solidité

« Ce qu'il gagne en superficie. »

a8o FABLES.

FABLE XIII

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