A DEUX SOEURS
En leur envoyant la cantate intitulée la ïempi i i , qu'elles ont mise en musique.
Souvent cette trame grossière Qu'ourdit la main du tisserand Se transforme en tapis brillant Sous les jolis doigts de Glycère.
Le chanvre obscur a disparu , Recouvert par l'or et la soie ; Ce n'est plus qu'un brillant tissu Où l'art triomphant se déploie.
Le plus mince des opéras
Subira ces métamorphoses :
J'ai disposé le canevas ,
Et sous vos doigts naîtront les roses.
A MADAME ***
La rose humide et vierge encore, Que l'aube embellit de ses pleurs , N'est pas plus fraîche que les fleurs Que votre pinceau fait ëclore.
On vante la voix et les chants
De la plaintive Philomèle :
Vos airs ne sont pas moins touchants,
Et vous chantez aussi bien qu'elle.
Par vous est réhabilité Cet art accusé d'imposture :
Mensonge plein de vérité , Par vous il devient la nature.
Mais de ce triomphe entre nous Ne tirez pas trop d'avantage :
La nature a fait mieux que vous , Bonneuil ; vous êtes son ouvrage.
45o POÉSIES MÊLÉES.