‹ Fables et poésies diversesChapitre 206 sur 257 · A DEUX SOEURS · texte numérisé non relu

A DEUX SOEURS

En leur envoyant la cantate intitulée la ïempi i i , qu'elles ont mise en musique.

Souvent cette trame grossière Qu'ourdit la main du tisserand Se transforme en tapis brillant Sous les jolis doigts de Glycère.

Le chanvre obscur a disparu , Recouvert par l'or et la soie ; Ce n'est plus qu'un brillant tissu Où l'art triomphant se déploie.

Le plus mince des opéras

Subira ces métamorphoses :

J'ai disposé le canevas ,

Et sous vos doigts naîtront les roses.

A MADAME ***

La rose humide et vierge encore, Que l'aube embellit de ses pleurs , N'est pas plus fraîche que les fleurs Que votre pinceau fait ëclore.

On vante la voix et les chants

De la plaintive Philomèle :

Vos airs ne sont pas moins touchants,

Et vous chantez aussi bien qu'elle.

Par vous est réhabilité Cet art accusé d'imposture :

Mensonge plein de vérité , Par vous il devient la nature.

Mais de ce triomphe entre nous Ne tirez pas trop d'avantage :

La nature a fait mieux que vous , Bonneuil ; vous êtes son ouvrage.

45o POÉSIES MÊLÉES.

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