‹ Fables et poésies diversesChapitre 216 sur 257 · A MADEMOISELLE CONTAT · texte numérisé non relu

A MADEMOISELLE CONTAT

Dunkerque , le 9 décembre 179?..

Vos doigts de rose ont déchiré Le crêpe étendu sur ma vie ; Par vous, belle et sensible amie, De mes fers je suis délivré.

Je ne suis plus seul sur la terre :

Je redeviens , par vos bienfaits , Fils, époux, citoyen et père, Ami, frère, et surtout Français.

Me savaient-ils cette existence , Ceux qui m'avaient calomnié ?

Riche et fier de votre amitié , Pouvais-je abandonner la France ?

Ami de la tranquillité, Je ne suis ni guerrier ni prêtre.

J'ai fait quelques héros peut-être; Mais je ne l'ai jamais été.

C'est depuis qu'elle m'est ravie Que j'estime la liberté :

Elle ressemble à la santé, Que le seul malade apprécie.

Mille fois heureux qui par vous Recouvre ce bien que j'adore ; Mille fois plus heureux encore Qui peut le perdre à vos genoux !

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