TAGE
La marquise de Santa-Cruz.
Épouse d'un grand d'Espagne de ce nom.
Cette dame, née en Bohême, n'était pas moins remarquable par l'excellence de son caractère que par les charmes de sa figure. Elle aimait passionnément les arts, et plus particulièrement la peinture, qu'elle cultivait avec un grand succès.
Elle est morte à Rome, il y a quelques années, peu de temps après avoir perdu une fille qu'elle idolâtrait, et pour laquelle elle faisait exécuter un tombeau en marbre par Canova.
Ce monument renferme la fille et la mère. On y lit cette épitaphe :
Mater infelicissima fîliae et sibi.
Le sens, plutôt que le sentiment, de cette phrase touchante peut être rendu ainsi :
La plus malheureuse des mères à sa fille et à elle-même.
3 page 49->.
L'abbé Morellet.
De l'Académie française, puis de l'Institut, puis enfin de l'Académie française.
Homme doué d'un esprit à la fois solide et délié , grave et
SUR LES PIÈGES DIVERSES. 5i3
plaisant. Pendant plus de soixante ans il écrivit en faveur de la philosophie. Il a fait preuve d'un noble courage , et n'a jamais eu pour les choses les ménagements qu'il avait quelquefois pour les personnes. Il vient de mourir, âgé de quatrevingt-douze ans.
En réponse à l'envoi qui accompagnait les fables de M. François de Neufchâteau.
Voici cet envoi :
Chemin faisant vous rêviez à des fables , Et je trouvais vos rêves très aimables; Au même objet mon temps était perdu , Et j'y touchais comme au fruit défendu. Las ! comment ceux qu'un même goût rassemble Sont-ils si loin ? Arnault , j'aurais voulu Plus près de vous me trouver ; il me semble Que mon recueil en aurait mieux valu.
Quand je vous l'offre en échange du votre, Je ne crois pas envers vous m'acquitter : Ce premier don peut m'en valoir un autre, Et l'amitié voudrait le mériter.
François de Neufchâteau.
5 PAGE 5o5.
A M. Dupin.
Quand ce célèbre avocat défendit collectivement les propriétaires du journal intitulé le Miroir, il refusa tout hono- 4. 33
5i4 NOTES ET REMARQUES.
raire, et s'en tint à l'honneur : il est vrai qu'il fut largement satisfait.
6 page 5o8.
A celui qui viendra coucher ici.
La chambre où furent composés ces vers est celle que Voltaire occupait en 1723 au château de Maisons. Aux bonnes fortunes qu'il y eut se mêlèrent deux accidents graves : l'un est qu'il mit le feu dans cette chambre, et l'autre qu'il y eut la petite-vérole. Ce château appartient aujourd'hui à M. Lafitte. C'est un des premiers édifices que Mansard ait construits.