LA CHASSE AU RENARD
A qui diable en veut cet Anglais ?
Il sort du lit avant l'aurore , Laisse dormir sa femme , éveille ses valets , Et court déjà les champs qu'il n'est pas jour encore.
Le silence a fui loin des bois;
Comme ceux des murs où nous sommes ,
Leur écho redit à la fois
Les jurements , les cris , les voix
Des chiens, des chevaux et des hommes.
Mais quoi! le limier est lâché; Sur ses pas, en hurlant, le chien courant détale: La queue en l'air , le nez à la terre attaché , Des bassets suit la meute intrépide et bancale.
Un commun espoir les soutient.
On trotte, on court, on va, l'on vient;
On se rejoint, on se sépare;
On presse , on retient son essor ,
Au gré des sons bruyants du cor ,
Au caprice de la fanfare.