LE CHIEN DE CHASSE
Médor est un vrai chien de race , Des mieux nés et des mieux appris ; Il n'a pas d'égal, soit qu'il chasse Lièvre ou lapin, caille ou perdrix.
Le maître aussi jamais ne va battre les plaines ,
Fouiller ses bois et ses garennes, Qu'à le suivre Médor n'ait été convié; Et pourtant, au retour, lorsque le maître dîne Du gibier dont Médor a fourni sa cuisine, A la cour , sans égard , Médor est renvoyé.
En plus d'un cas la chose ainsi se passe. Au dévoûment ce sort est parfois destiné ; Et tel qu'on invitait à l'heure de la chasse , S'est vu chassé de même à l'heure du dîné.
FABLE III
l'insecte utile et l'insecte nuisible.
Tu fais un fort mauvais métier,
Quoiqu'il soit des plus à la mode, Disait à cet insecte inutile, incommode, Plat surtout , qui , parfois , nous oblige à veiller , Le ver industrieux que nourrit le mûrier.
Pour toi , mordre est une habitude ,
Et tourmenter est un plaisir ;
J'en conclus , non sans certitude ,
Que tu n'es pas né pour vieillir.
On te déteste ; à chaque phrase ,
Petits et grands, chacun le dit ;
Si l'on te nomme , on te maudit ;
Si l'on te rencontre, on t'écrase.
M'en croiras-tu? Renonce à tes goûts malfaisants.
Tu fus nuisible, sois utile.
Gomme les dieux , l'homme est facile ;
On l'adoucit par des présents.
Songes-y bien, l'or que je file,
Celui que l'abeille distille,