‹ Fables et poésies diversesChapitre 41 sur 257 · LE CHIEN DE CHASSE · texte numérisé non relu

LE CHIEN DE CHASSE

Médor est un vrai chien de race , Des mieux nés et des mieux appris ; Il n'a pas d'égal, soit qu'il chasse Lièvre ou lapin, caille ou perdrix.

Le maître aussi jamais ne va battre les plaines ,

Fouiller ses bois et ses garennes, Qu'à le suivre Médor n'ait été convié; Et pourtant, au retour, lorsque le maître dîne Du gibier dont Médor a fourni sa cuisine, A la cour , sans égard , Médor est renvoyé.

En plus d'un cas la chose ainsi se passe. Au dévoûment ce sort est parfois destiné ; Et tel qu'on invitait à l'heure de la chasse , S'est vu chassé de même à l'heure du dîné.

FABLE III

l'insecte utile et l'insecte nuisible.

Tu fais un fort mauvais métier,

Quoiqu'il soit des plus à la mode, Disait à cet insecte inutile, incommode, Plat surtout , qui , parfois , nous oblige à veiller , Le ver industrieux que nourrit le mûrier.

Pour toi , mordre est une habitude ,

Et tourmenter est un plaisir ;

J'en conclus , non sans certitude ,

Que tu n'es pas né pour vieillir.

On te déteste ; à chaque phrase ,

Petits et grands, chacun le dit ;

Si l'on te nomme , on te maudit ;

Si l'on te rencontre, on t'écrase.

M'en croiras-tu? Renonce à tes goûts malfaisants.

Tu fus nuisible, sois utile.

Gomme les dieux , l'homme est facile ;

On l'adoucit par des présents.

Songes-y bien, l'or que je file,

Celui que l'abeille distille,

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