‹ Fables et poésies diversesChapitre 56 sur 257 · LES DEUX DINDONS · texte numérisé non relu

LES DEUX DINDONS

Deux dindons s'engraissaient dans une métairie ; Egaux en droits : l'un deux croyait pourtant valoir Bien plus que son confrère. Hé pourquoi, je vous prie? Parcequ'il était blanc, et que l'autre était noir. Aussi Dieu sait quels droits à la prééminence Par un tel avantage il se croyait acquis , Toisant son commensal de l'œil dont un marquis

Regarde un homme de finance.

Vient cependant la Saint-Martin.

Le maître invite sa famille ;

Le maître ordonne un grand festin :

Il célébrait sa fête et mariait sa fille. Or ce jour de bombance et d'indigestion, Inscrit par La Reynière 39 au rang des jours célèbres, Est pour la basse-cour un jour des plus funèbres. Le poulailler fut mis à contribution.

Dans le garde-manger dès la veille on admire

Deux compagnons de truffes parfumés.

Lequel des deux fut blanc? on ne saurait le dire,

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