A MES ENFANTS
Du printemps la fille vermeille ,
La rose ne vit qu'un moment,
Dont le papillon et l'abeille
Profitent bien différemment.
Gaspillant , comme un fou , les biens qu'on lui prodigue
Tandis que l'insecte léger , Chenille un jour avant, funeste au potager, En stériles baisers sur la fleur se fatigue , L'abeille y puise l'or qu'attendent ses rayons , L'or qui doit la nourrir dans sa maison bien close , Long-temps après le jour fatal aux papillons ,
Où l'on voit se faner la rose.
Au travail , mes enfants , accordez une part Dans les jours de votre jeunesse :
n4 FABLES.
Tout donner au plaisir n'est pas de la sagesse ; Tel qui pense autrement, même avant la vieillesse, S'en repentira, mais trop tard.