LE SERMON DU CURE
Mes bons amis, je dois en convenir, Je n'imaginais pas qu'un mort pût revenir ; Que bien empaqueté , soit dans cette humble bière Des humains du commun la retraite dernière , Soit dans ce lourd cercueil dont le plomb protecteur Plus long-temps au néant dispute un sénateur , Au grand air un défunt pût jamais reparaître ; Et par aucun motif, si pressant qu'il puisse être, Se reproduire aux yeux des badauds effrayés, A ses vieux ennemis venir tirer les pieds, Sommer ses héritiers de tenir leurs promesses , Et forcer ces ingrats à lui payer des messes.
Un curé de notre canton, Qui , s'il n'est e-sprit fort , est du moins esprit sage ,
Deux fois par semaine , au sermon , L'affirme cependant aux gens de son village. « Or ça, lui dis-je un jour, plaisant hors de saison,
« Tantôt vous commenciez un somme ,
« Ou bien vous perdez la raison.