‹ Fables et poésiesChapitre 102 sur 355 · LE SAVOIR ET LE SAVOIR-FAIRE · texte numérisé non relu

LE SAVOIR ET LE SAVOIR-FAIRE

Au grenier du savoir grimpa le savoir-faire : « Eh quoi, toujours obscur et toujours mal vêtu? Nommant votre indigence et courage et vertu, Des poétiques cieux vous parcourez la sphère! Pour la réalité, croyez-moi, délaissez Le monde vaporeux des rêves insensés.

Venez; d'or et de fleurs parsemons Texistence. » Le savoir descendit sans faire résistance : Entre nous, du pain sec il se lassait un peu.

Les voilà partis. L'œil en feu.

L'un de calculs remplit de longues pages,

L'autre contemple les nuages.

« Ami, dit savoir-faire, allons flatter les grands. Ici-bas le bonheur est pour les intrigants, Et nul profit n'arrive à qui ne sollicite. Pour acquérir l'argent et la célébrité, Empruntons les cent voix de la publicité :

A cela tient la réussite.

— Quoi ! perdre mon repos, mon temps, ma dignité.

Ma solitude bien-aimée, A poursuivre de l'or et de la renommée ! Répondit le savoir ; de vos offres merci î

A tous les biens acquis ainsi,

Ma pauvreté, je te préfère... »

Alors de son côté chacun d'eux s'en alla,

Et, depuis ce jour-là. Rarement le savoir s'unit au savoir-faire.

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