LE PAPILLON ET LA LAMPE
Beau papillon cherchait fortune un soir. Voyant dans une chambre une lampe allumée.
Rapide, Il vole; ô désespoir!
Un carreau le retient, la fenêtre est fermée.
Il va, vient; de la tête et de l'aile et des pieds
Il Trappe ù coups multipliés ;
Contre la barrière maudite
Le pauvre insecte se dépite ;
Tourments superflus, vains efforts :
Le lutin restera dehors.
Comme il pleure, comme il enrage,
Près de la flamme il aperçoit
Un moucheron qui, plus adroit,
A su se frayer un passage, Mais qui, plus malheureux, dans les rayons ardents Périt. Le papillon, que ce trépas éclaire, En s'envolant bénit l'obstacle salutaire Qui vient de s'opposer à ses vœux imprudents.
LE PHÉMIX MOURANT.
Sur un bûcher de cèdre, à la flamme odorante, Pour la première fois quand le Phénix mourut,
Aatour de sa dépouille, en sifflant, secourut De geais et de serpents une tourbe insolente. Mais un dépit mortel saisit les envieux Lorsqu'il se ranima plus beau, plus radieux.
Si tu vois dans la tombe un grand homme descendre,
De son trépas, Méchant, ne te réjouis pas :
Le Phénix renaît de sa cendre !