‹ Fables et poésiesChapitre 120 sur 355 · LE CORMORAN ET LES RAYONS DE LA LUNE · texte numérisé non relu

LE CORMORAN ET LES RAYONS DE LA LUNE

Tn cormoran suivait le bord d'une rivière.

Il était nuit ; du baut des cieux

La lune baignait sa lumière

Dans Tonde aux plis capricieux.

Notre oiseau, que la faim tourmente, -

Croit voir de mille poissons d'or

Glisser. l'image séduisante.

Il plonge et ne prend rien ; il plonge, rien encor; II s'élance vingt fois, et vingt fois perd sa peine. D'un nuage bientôt la lune se couvrant, Maint poisson se montra sous le flot transparent ; Mais les prenant alors pour une forme vaine,

A jeun partit le cormoran .

Fortune, gloire, amour, comme un trompeur mirage, Fît-on pour vous saisir mille elîorts superflus, Vous vous offrez souvent (ne perdons pas-courage!) A celui qui, lassé, ne vous attendait plus.

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