SAMEDI ET DIMANCHE
Lue nuit, le poing sur la hanrlie ,
Samedi disait à dimanche :
« Est-ce pour loi Que nous nous épuisons, nos cinq frères et moi? Ne sommes-nous pas tous de la même famille? Lorsque sous la fatigue on nous voit haletants, Monsieur le paresseux en grand seigneur s'habille; A chanter, à danser, monsieur passe son temps. Toujours de nos labeurs vivras-tu sans rien faire?
Dimanche répondit : « Mon frère , Vous vous livrez chacun à des soins importants, Je l'avoue; eh bien! moi, que vous croyez futile,
Autant que vous je suis utile.
Après un long travail comme il faut des loisirs , C'est moi qui m'intéresse à vos rares plaisirs; Les danses , les festins , les jeux , les promenades , A moi vous les devez , ô mes bons camarades!
Enfin, ô doux échange , ô fralernelle loi !
Je vous amuse, et vous, vous travaillez pour mol. »