LE DAHLIA ET LA VIOLETTE
Le dalilia, la violette Par un enfant sont cueillis un malin.
Du premier la corolle élégante , coquette ,
Déplore son triste destin ,
Sç plaignant d'avoir pour compagne Une fleur sans éclat, qu'on aurait dû laisser Sous le buisson natal, là-bas, dans la campagne.
« Prétendrait-elle m'éclipser?
Faut-il que je meure de honte? »
L'enfant, la violette, aucun ne répondit :
De son dépit nul ne tint compte.
Pour notre couple, hélas! la vieillesse fut prompte,
Et bientôt le temps étendit
Sur leurs têtes ses mains glacées.
L'enfant les relira du vase toutes deux;
Depuis, sur un fumier honteux On vit du dahlia les feuilles dispersées ,
El des champs Phumble fleur Aux malades dispense un suc réparateur.
Dans ces deux fleurs j'entrevois deux images : De la femme au cœur sec, briguant tous les hommages ,
Le dahlia nous offre le portrait.
Alors que la beauté , son seul bien , disparaît, Elle n'a qu'à mourir, d'elle plus rien ne reste. Dans l'autre on reconnaît de la femme modeste
Le symbole délicieux.
Le temps peut, en passant , lui ravir d'un coup d'aile Et jeunesse et fraîcheur ; son cœur n'est jamais vieux : Sur nous , jusqu'à la fin , son amitié fidèle Képand de ses vertus le baume précieux.