LE FOUET ET LA CANNE A SUCRE
A VICTOR SGHOELCHER.
Devant la canne à sucre, un jour , le fouet sanglant
Vantait son cruel ministère.
« Grâce à moi, disait-il, pour enrichir le blanc,
Le nègre féconde la terre ; Par l'esclave, sans moi, le sol abandonné Ne produirait bientôt qu'une maigre récolle,
Et bientôt l'insubordonné
Se lèverait pour la révolte.
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Mais, sous mon influence, à jamais retenu
Dans une terreur salutaire, Au profit des colons, ignorant, pauvre et nu. Toujours il traînera sa chaîne liéréditaire.
Mon rôle est beau, sans contredit... »
La canne à sucre répondit :
« Des noirs oses-tu bien, pour un planteur avare, Faire couler le sang, les larmes, les sueurs î Victimes trop longtemps d'un préjugé barbare, Enfin ils ont trouvé de nobles défenseurs Dont la parole est forte et dont la cause est sainte.
Oh ! que l'esclave soit sans crainte : Dieu le veut, Dieu le veut, sa chaîne tombera.
Et toi, ton règne finira ! »