‹ Fables et poésiesChapitre 158 sur 355 · LA GRENOUILLE ET L'ÉCARLATE · texte numérisé non relu

LA GRENOUILLE ET L'ÉCARLATE

Une grenouille sort du fond de son marais.

Que voit-elle? ô surprise ! ô joie !

Un butin merveilleux, une éclatante proie.

Elle aura , sans peine et sans frais ,

Un morceau succulent , le festin le plus rare. « Adieu les vermisseaux et l'Uerbe de la mare ! Dit-elle; il me faut désormais

Des mets Dignes de votre souveraine :

Ne riez pas, des eaux je suis la reine ! » A ces mots , elle saule et nage vers le bord , Fière de s'emparer de la royale aubaine. Or, qu'était-ce? un chiffon d'écarlate... et la mort !

La pauvre jeune fille et le pauvre poëte Séduits , l'un par l'éclat d'un renom glorieux , L'autre par des habits , des bijoux précieux ,

Rêvaient la plus douce conquête.

A celle-ci le déshonneur,

A tous deux misère et malheur î Ils ont, en poursuivant l'amorce qui les flatte, Saisi, les imprudents... un chiffon d'écarlate!

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