‹ Fables et poésiesChapitre 157 sur 355 · LES VENTS · texte numérisé non relu

LES VENTS

De tous les coins du monde en leur antre assemblés , I^es vents se racontaient leurs prouesses récentes. Orgueilleux , ils disaient les éléments troublés ,

Du désert les trombes brûlantes ,

Sur les flots les mâts fracassés , Et dans les champs, moissons, arbres, toits renversés. Les brigands , au récit de semblables ravages , .

Poussaient des hurlements sauvages.

Zéphire, d'épouvante et d'horreur interdit , Se tenante l'écart, n'avait encor rien dit. Interrogé par eux, enfin il répondit :

« Frères , mon haleine et mes ailes

Ont garanti les fleurs des ardeurs du soleil ; J'ai caressé , dans leur sommeil ,

Le pauvre laboureur, les tendres tourterelles ; Pour les bergers et leurs troupeaux J'ai rafraîcbi les purs ruisseaux... »

A cet aveu naïf du timide Zéphire ,

On entend des éclats de rire, Des hourras , des mugissements

Capables d'ébranler jusqu'en leurs fondements

Les plus solides tours, les plus altières cimes.

Lui , s'en fuyant , leur dit : « Soyez fiers de vos crimes ;

Poar moi , je suis heureux des bienfaits que je rends. »

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