‹ Fables et poésiesChapitre 166 sur 355 · LE SOMNAMBULE · texte numérisé non relu

LE SOMNAMBULE

Obéissant aux caprices d'un rêve, A minuit un homme se lève, Et tout droit vers un gouffre il va sans tâtonner. Le versant allait l'entraîner,

Lorsqu'un ami du danger le retire.

Le somnambule , éveillé sur-le-champ, « Que maudit soit, dit-il, le rustre, le méchant Qui dissipe mon rêve au gracieux sourire ! Sans loi je parvenais aux portes du bonheur î . . . » Bientôt de sa colère il comprit l'injustice, Et d'actions de grâce il combla son sauveur.

Vous, peuples, vous, enfants que l'erreur ou le vice

Berce d'un rêve dangereux, Ne blâmez pas le père ou l'ami généreux Dont la voix vous réveille au bord du précipice.

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