LE BAQUET D'EAU
Pour frapper sur l'enclurae et tirer le soufflet .
Un forgeron à son service Avait pris un garçon fort gros , mais fort novice. Il faut que je le prouve; écoutez, s'il vous plaît :
Un beau jour notre Nicodème , Voyant son maître asperger le foyer, Et, par enchantement, les charbons flamboyer,
Aussitôt se dit en lui-même :
Si quelques gouttes d'eau forment un si grand feu , Versons-y le baquet, et nous verrons beau jeu... >» De son invention s'émerveillait le sire.
Bientôt le maître se retire ,
Et l'autre, sans perdre un moment, Vous inonde la forge, et, comme on peut le croire,
Éteint le feu fort proprement.
«( Eh bien ! me dira-t-on , que nous prouve l'histoire
De Ion gros imbécile el de son baquet d'eau ? »
Patience , jevous en prie ; Écoutez jusqu'au bout ; c'est une allégorie : L'amour et l'amitié sont armés d'un flambeau. Une froideur légère , un caprice de l'àme ,
Souvent fournissent à la flamme Une étincelle ardente , un élément nouveau ; Mais qu'un affront mortel soudain vienne rallerndre,
On la voit pâlir et s'éteindre.