‹ Fables et poésiesChapitre 17 sur 355 · LE BAQUET D'EAU · texte numérisé non relu

LE BAQUET D'EAU

Pour frapper sur l'enclurae et tirer le soufflet .

Un forgeron à son service Avait pris un garçon fort gros , mais fort novice. Il faut que je le prouve; écoutez, s'il vous plaît :

Un beau jour notre Nicodème , Voyant son maître asperger le foyer, Et, par enchantement, les charbons flamboyer,

Aussitôt se dit en lui-même :

Si quelques gouttes d'eau forment un si grand feu , Versons-y le baquet, et nous verrons beau jeu... >» De son invention s'émerveillait le sire.

Bientôt le maître se retire ,

Et l'autre, sans perdre un moment, Vous inonde la forge, et, comme on peut le croire,

Éteint le feu fort proprement.

«( Eh bien ! me dira-t-on , que nous prouve l'histoire

De Ion gros imbécile el de son baquet d'eau ? »

Patience , jevous en prie ; Écoutez jusqu'au bout ; c'est une allégorie : L'amour et l'amitié sont armés d'un flambeau. Une froideur légère , un caprice de l'àme ,

Souvent fournissent à la flamme Une étincelle ardente , un élément nouveau ; Mais qu'un affront mortel soudain vienne rallerndre,

On la voit pâlir et s'éteindre.

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