‹ Fables et poésiesChapitre 177 sur 355 · LA TOURTERELLE QUI PLEURE · texte numérisé non relu

LA TOURTERELLE QUI PLEURE

Une reine qu'alors la vieillesse courbait, Disait ù deux enfants, ses deux petiles-fllles : « Lu, près de moi, venez, et soyez bien gentilles. Écoutez : chez ma sœur, la reine du Thibet, Dans une cage d'or est une tourterelle.

Si vous saviez comme elle est belle, Précieuse surtout! Qu'un enfant soit méchant

Dans le palais, et sur-le-champ

On voit pleurer la tourterelle.

Tenez, si de ma sœur je la peux obtenir. Pour vous bien éprouver je la ferai venir. » Mais l'aînée aussitôt : « Ma grand'mère, dit-elle, Qu'elle ne vienne pas! Lorsque j'ai le malheur De commettre une faute et mériter un blâme, Je sens, à chaque fois, s'élever en mon amc Un roprocho vivant, une amèrc douleur.

— Maman, dit à son tour la plus jeune princesse, Chez ma tante, sans doute, elle a beaucoup pleuré : Ah ! faites-la venir, grand'mère, et je serai Si sage, que bientôt elle rira sans cesse. »

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