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LA TROMPETTE ET LE GLAIVE

Un jour, entre deux camps la bataille s'engage. La trompette, soudain, sonne un chant martial : « Glaive, sors du fourreau, c'est l'heure du carnage ! » Et le glaive, docile au belliqueux signal,

Vole, étincelle, frappe et gagne la victoire.

La trompette s'écrie alors :

« Bravo, mon camarade î à nous toute la gloire! Ensemble partageons la dépouille des morts! Ah ! pour avoir si bien échauffé ta vaillance, J'ai droit, sans contredit, à la meilleure part. » Mais un nouveau combat se déclare plus tard, Et la trompette sonne, et le glaive s'élance. Sur l'arène bientôt il tombe mutilé, Tandis que lâchement madame la trompette A pris devant le feu la poudre d'escampette. « Ce glaive était, dit-elle, un franc écervelé Qu'à la raison, vraiment, on a bien fait de mettre. »

Ici certains journaux doivent se reconnaître :

Par des cris de guerre, en tout temps, Ils agacent les nerfs, ils font grincer les dents. Des combats, à leur voix, bravez-vous la tempête? Vous êtes des héros ! Partageons le butin !

Disent-ils après la conquête.

Éprouvez-vous une défaite?

Brouillons, vous méritez ce terrible destin !

Disent-Ils, battant en retraite.

XIY

L'AMOUR PIftUt PAR UME ABEILLE.

Âniour jouait parmi les fleurs:

11 fut piqué par une abeille.

Jamais une douleur pareille Ne lui fit verser tant de pleurs.

« Ma mère, dit-il, je me meurs! »

Il court, trépigne, se désole.

Vénus l'embrasse, le console, Et, souriant, elle lui dit :

« Si d'un aiguillon si petit Tu ressens des douleurs mortelles.

Combien plus doit souffrir un cœur Poursuivi par ton œil vainqueur, Perc-é par tes flèches cruelles î »

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