‹ Fables et poésiesChapitre 185 sur 355 · L'HOMME ET LE ROSSIGNOL · texte numérisé non relu

L'HOMME ET LE ROSSIGNOL

Un homme en son jardin cultive un beau rosier.

Où chaque jour naît une rose.

Mais un oiseau, le chantre au sublime gosier, Ravage chaque jour la fleur à peine éclose. L'homme, avec un filet sur l'arbuste attaché, Prit notre rossignol et vous le mit en cage.

Celui-ci, par son doux ramage,

Fit si bien qu'il fut relâché.

« Merci, maître, dit-il ; cet acte de clémence

Mérite bonne récompense.

Creusez... là... sous vos pieds je vois de l'or caché. « 1^'homme creuse aussitôt, et trouve dans un vase

Un grand trésor. Émerveillé, Devant le blond métal il se tient en extase. Enfin : « Suis-je endormi, dit-il, suis-je éveillé? Comment ! celui qui voit un trésor sous la terre ,

Chose plus facile pourtant,

Ne peut pas découvrir le piège qu'on lui tend ! » Le rossignol répond : « Sachez tout le mystère : Tel, pour lui-même aveugle, imprévoyant, Dans le péril tomba par ignorance, Qui tout à coup se montre clairvoyant, Lorsqu'il est inspiré par la reconnaissance. »

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