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LA DOUBLE IVRESSE

Un jour. Anacréon, clcguisaut sous les fleurs El ses cheveux de neige et ses rides naissantes, Du plus joyeux festin savourait les douceurs. Dans sa coupe un essaim de Grecques ravissantes Répandait lentement un pétillant nectar.

Et bientôt de l'heureux vieillard

Éclatait l'abondante verve.

Et, la lyre et la voix entremêlant leurs sons.

27i LIVRE XI.

11 charmait les échos de ses molles chansons.

Plus loin, du jus bachique abreuvé sans réserve, Un esclave au corps chancelant.

A l'œil terne, au geste insolent, Effrayait l'Amour et les Grâces :

Seul, le Mépris suivait ses traces.

Le vin qui, pris à flots, peut rendre l'homme vil Du sage embellit l'existence, Et le poison le plus subtil Est salutaire et doux, versé par la prudence. Tandis que les plaisirs, dont on est ménager, Nous font l'esprit plus libre et le corps plus léger, Les Toiles passions, comme une ardente lave, En dévorant les sens éteignent la raison. Ah! distinguons toujours l'ivresse de l'esclave De l'ivresse d'Anacréon !

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