ÉSOPE ET LE LABOUREUR
A M. PIKRRK LAMRKRT.
Laissant jaillir à flots ses vives paraboles, Ésope dans les champs suivait un laboureur. Lors un passant d'un ton railleur :
« Loin d'ici le bavard et ses contes frivoles î S'il veut vivre, à son tour qu'il prenne l'aiguillon ! » Mais le bon laboureur que cet outrage blesse : « Qu'Ësope dans mon cœur répande la sagesse, Je sèmerai pour lui le grain dans le sillon.^ La science qui nourrit l'âme Vaut le pain qui nourrit le corps, Et celui qui la verse en paroles de flamme Doit recevoir le prix de ses nobles eflbrts. »