‹ Fables et poésiesChapitre 21 sur 355 · HOMÈRE · texte numérisé non relu

HOMÈRE

Un soir, quand du soleil le flambeau se reflète

Sur les cités et les hameaux , Homère sommeillait , et sa lyre muette

Pendait aax branches des ormeaux.

Tout à coup un son vague arrive à son oreille.

Ce murmure inconnu l'éveille; 11 voit un papillon sur le luth arrêté. Dont l'aile, en frémissant, cherche la liberté. « 11 a perdu , dit-il , la poussière divine

Qui soutenait son vol aux cieux ; Mais il mourra sur la corde argentine .

Parmi des sons délicieux...

Voilà l'image de ma vie ;

En chantant j'ai brisé l'essor

Qui mène vers les biens une foule ravie ,

Et l'indigence Tut mon sort.

Eii bien ! j'expirerai dans le plus beau délire , En célébrant les dieux , la gloire , la beauté , Et peut-être la brise , çn passant sur ma lyre , Portera mes concerts à l'immortalité... »

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