‹ Fables et poésiesChapitre 212 sur 355 · LA FERMIËRE, LA VACHE ET LE COCHON · texte numérisé non relu

LA FERMIËRE, LA VACHE ET LE COCHON

« Fermière, d'où vous vieiîl une douleur si forte?

— Hélas! ma belle vache est morte,

Elle qui tous les jours venait Répandre sous mes doigts les sources de son lait ;

Elle si bonne, pauvre bête, Que les petits oiseaux se posaient sur sa tête, Qu'elle allait caresser l'enfant qui l'appelait.

C'est une perte irréparable,

Hélas ! j'en suis inconsolable. »

Vers ses voisins, plus tard, notre fermière allait

Criant : « Venez tous, venez vite!

A partager ma joie, amis, je vous invite.

Pour faire un excellent régal, Préparez les chaudrons, les poêles et les broches : J'ai tué mon cochon, ce méchant animal

Dont chacun fuyait les approches.

Vous le savez, quand, par hasard,

De sa nourriture abondante Quelques chiens affamés réclamaient une part, Soudain il leur montrait une dent menaçante...

Même lorsqu'il était repu, Écoutant les instincts d'un esprit corrompu, De son auge il foulait les restes dans la fange. Vivant, il fut avare; il est mort , qu'on le mange ! »

Ëgoïsme et bonté, sous deux masques divers. Peuvent se reconnaître en mes fragiles vers. Si l'un, pendant sa vie, à nous nuire s'attache. I.'autre par des bienfaits épanche son amour.

Aussi, par un juste retour,

On pleure la mort de la vache, El Ton se réjouit de la mort du cochon.

Avare, à toi celle leçon.

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