LA CLOCHE ET LE PARATONNERRE
La cloche dit un jour à raiguille aimantée : « Par le savoir humain toi qui fus inventée.
Oses-tu bien
Opposer ton pouvoir au mien ?
Lorsqu'un Dieu courroucé va tout réduire en poudre J'arrête dans ses mains la tempête et la foudre.
Tiens, vois ce nuage, là-bas, D'où scintille l'éclair, messager du trépas :
Vois, le météore s'avance ;
De ta ridicule science Il châtira bientôt le sacrilège orgueil... » Le nuage s'étend, de son crêpe de deuil
Ëpouvantant toute la terre.
La cloche sonne, sonne, et le paratonnerre Se dresse vers les cieux du haut d'un monument.
Tout à coup un feu brille, éclate, Suit l'aiguille et se perd dans l'humide élément.
La cloche vainemeot $e flatte,
Par son rapide tintement, De maîtriser la foudre et conjurer l'oVage : Elle entr'ouvre les airs, va fendre le nuage : A la flamme électrique elle fait un passage.
Aussitôt riiorrible sillon Tombe sur le clocher, le brise, le dévore, Et laisse dans les cœurs la consternation.
Par ce nouveau récit, vous le voyez encore, La science a vaincu la superstition.