‹ Fables et poésiesChapitre 216 sur 355 · LE TORRENT · texte numérisé non relu

LE TORRENT

Des flancs d'une montagne une onjle jaillissante. Torrent impétueux, cascade mugissante, Creusait d'affreux sillons dans les champs désolés. Elle avait renversé mainte digue impuissante. Un jour, aux paysans vers la source assemblés Un voyageur disait : « Pour cette onde sauvage

Qui tout entraîne et tout ra\age, Pratiquez dans le roc un oblique chemin, Et par mille détours vous la verrez, docile.

Suivre le cours lent et facile

LACHAMBF.AVRIF..

29i LIVRE XI.

Que lui tracera votre main,

Et de ses rives odorantes Se répandra la vie en vos moissons riantes. » Le conseil était bon, et, dès le lendemain,

Pleins d*espérance et de courage,

Nos gens se mirent à l'ouvrage.

On fit un doux ruisseau d'un torrent destructeur, De l'ennemi d'hier on fit un bienfaiteur.

Que l'amour remplace la crainte !

Par la menace et la contrainte Un mauvais naturel est en vain combattu. Mais l'éducation fraternelle, prudente, De chaque passion adoucissant la pente.

D'un vice originel peut faire une vertu.

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