LE NEZ ET LES LUNETTES
Fier comme un prétendant ()\i comme un président
FABLKS. 991
Responsable, Le nez crut raisonnable Des lunettes enfin de se débarrasser.
c- Elles servent, dit-il, aux yeux seuls, sans nul doute : Les porte désormais qui ne peut s'en passer ! » Il s'agite, et bien loin parvient à les lancer. Hélas ! sans leur secours les yeux n'y voyaient goutte.
Et voilà notre nez au vent, Qui, flairant son chemin, va toujours en avant. Mais un arbre épineux se penche sur sa route
Et faisant saigner l'orgueilleux,
Prouve qu*au nez ainsi qu'aux yeux
Un guide sûr est nécessaire.
Écoutez, ô lecteur, un avis salutaire Que maintes fois déjà vous avez entendu :
L'homme de l'homme est solidaire; Nul ne doit refuser un service à son frère ; Tôt ou tard au centuple il vous sera rendu.
tn LIVRE XI.
L ARBRE HERVEILLEUX.
Dans un rêve, je vis s'élever vers la nue Un arbre d'espèce inconnue .
Dont les bras s'étendaient en vaste parasol.
Dont les pieds s'allongeant envahissaient le sol.
Les plantes, et surtout les plus maigres arbustes. Le buisson, la ronce, le houx De mon bel arbre étaient jaloux.
« Fuyez, s'écriaient-ils, dans leurs haines injustes ;
A ses fleurs, à ses fruits, vivants, ne touchez pas : De ses fleurs le poison s'exhale, Ses fruits renferment le trépas,
Et son ombre elle-même au sommeil est fatale... »
A ces mots, les passants fuyaient, saisis d'horreur..
Mais ceux qui, repoussant une vaine terreur,
De l'arbre gigantesque approchaient. — 6 merveille î
Respiraient une essence à nulle autre pareille.
0 bonheur! savouraient des fruits délicieux, Et s'endormaient, bercés de songes gracieux.
Par la sottise et l'égoïsme Cet arbre outragé, méconnu.
Vers le monde réel quand je fus revenu, Je le nommai : socialisme Î