‹ Fables et poésiesChapitre 247 sur 355 · LES COURONNES FLÉTRIES · texte numérisé non relu

LES COURONNES FLÉTRIES

Vingt lustres éclairaient la salle du festin, £t^ dès le soir jusqu'au matin^

5U LIVRE Xlll.

De convives joyeux la foule était pressée. Entr'aulres, s'asseyaient à ia table dressée

Un prêtre, un magistrat, un roi,

Un poète, une fiancée :

On m'avait oublié, je ne sais pas pourquoi. En signe de l'honneur qui tous les environne. Au front chacun portait une blanche couronne. Tout pâle et chancelant, à l'aube on disparut ; Mais quand des serviteurs la livrée accourut Pour effacer enfin les traces de l'orgie. On dit que sous leurs pieds ils trouvèrent, surpris, Mainte couronne éparse, efTeuillée et rougie De vin, et désormais triste objet de mépris. « Osez-vous, insolents ! s'écria l'une d'elles, Fouler ces ornements sublimes, radieux, Qui paraient, cette nuit, des fronts si glorieux ! » Quelqu'un lui répondit : « Tant que vous fûtes belles Fraîches et sans souillure, on dut vous respecter ; Mais allez maintenant, viles, humiliées.

Disparaître et croupir, dans la fange oubliées. >*

Ne cessons de le dire et de le répéter : Quand on veut le respect, il faut le mériter.

RiiiU' de Brcsl, :i bord du Uiiymulin^ 51 janvier iSoJ

KABLKS. 5ij

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