‹ Fables et poésiesChapitre 252 sur 355 · L'ENFANT MERVEILLEUX · texte numérisé non relu

L'ENFANT MERVEILLEUX

De son enfant, son cher trésor, Une mère vantait le rare caractère.

« Tenez : il a marché pendant une heure entière ; Eh bien, rien ne le lasse, il va trotter encor... Puis, entre ses repas, selon sa règle austère. Il ne mange jamais... C'est un prodige, enfin. » Mais quelqu'un prit à part cette jeune merveille

Et lui dit tout bas à l'oreille :

« Veux-tu quelques gâteaux ou bien un peu de pain?

— Maman dit que je n'ai pas faim.

— Veux-tu te reposer ? Réponds-moi sans rien craindre.

— Maman dit que je puis marcher tant que je veux. »

Cet enfant, c'est le peuple : il n'ose pas se plaindre Lorsque ses gouvernants le déclarent heureux.

5r>2 LIVRE XIII.

Page 1