LE PAYSAN ET L'IDOLE
Jadis un paysan n'ayant pas une obole, Pour obtenir de l'or encensait une idole, Et dans sa pauvreté, le matin et le soir II bourrait, il bourrait de Toin son encensoir
Dont la senteur nauséabonde A flots montait au nez de la divinité. Aussi l'on accourait d'une lieue à la ronde Pour blâmer le bonhomme et sa stupidité. Mais l'idole un beau jour : « Insensés que vous êtes, Ce que vous nommez foin avec méchanceté,
C'est pur encens, en vérité. »
Les rois, les Temmes, les poètes Vous diront sans détour que l'idole eut raison : La louange sent toujours bon.
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