‹ Fables et poésiesChapitre 273 sur 355 · LES BRANCHES ET LES RACINES · texte numérisé non relu

LES BRANCHES ET LES RACINES

Les branches au printemps fraîchement recouvertes

De leur manteau de feuilles vertes Adressèrent au tronc un insolent discours,

Se prétendant humiliées D'être fatalement, hélas î et pour toujours

Avec les racines liées.

Elles priaient le ciel que la hache, un matin, De ce contact impur délivrât leur destin. Mais le tronc en ces mots les força de se taire :

« A celle que vous méprisez.

Folles, nous devons tout ; dans Tombre et le mystère. Pour nous donner la vie, elles creusent la terre ;

A cette source vous puisez.

Avec la sève nourricière,

Votre verdure printanière.

Pour exaucer vos vœux, que la hache aujourd'hui Vienne nous enlever leur salutaire appui. Le sol retentira de notre chute immense. »

Sous i'arbrc étaient assis un pauvre laboureur,

Un bouilleur, D'une noire fabrique un obscur travailleur. Des branches chacun d'eux condamna l'arrogance , Et du tronc approuva la juste remontrance.

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