‹ Fables et poésiesChapitre 293 sur 355 · ALAIN CHARTIER ET MARGUERITE · texte numérisé non relu

ALAIN CHARTIER ET MARGUERITE

Dites-moi : Marguerite, est-ce l'enfant timide

Dont la jeunesse et la beauté Rayonnent sous le ciiaume et dans la pauvreté ? Est-ce plutôt la fleur candide Qui dans les cœurs épris d'amour Éveille tour à tour La crainte et l'espérance?...

Non ; celle que je chante est la reine de France Qui, rencontrant un jour le poète endormi, Imprime un chaud baiser (si l'histoire est lidelle)

Sur sa bouche ouverte à demi.

Il était vieux et laid, la reine, jeune et belle. Les courtisans entre eux se regardaient, surpris. Avec un gracieux souris « Ce n'est pas l'homme, leur dit-elle, Qui fut l'objet de mes amours ; Mais j'ai voulu baiser les lèvres inspirées Qui livrèrent passage à tant de beaux discours, A tant de paroles dorées. >^

POÉSIES DIVERSES. i!21

Ce doux baiser de femme, inexprimable lionneur, D'Alain fit la fortune... ; il eût fait mon bonheur.

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