‹ Fables et poésiesChapitre 294 sur 355 · L'ONDINE · texte numérisé non relu

L'ONDINE

Vénus du sein des flots apparut belle et blonde ; Toi sa sœur, belle aussi, brune fille de l'onde,

Tu vins pour charmer les mortels,

Et tu méritas des autels.

Ta mère en ses écueils roule parmi les sables Des richesses sans fin, trésors inépuisables. Qu'avare, elle dispute à l'avide plongeur. Brune fille des flots, ton esprit enchanteur, Et ton âme et ton corps au fond de notre cœur lllveillent du désir les flux insatiables.

De tes dents en voyant l'émail Et tes lèvres dont je raffolle, J'ai compris ta passion folle Pour les perles et le corail.

Si ta mère tempétueuse

Par sa houle tumultueuse

Épouvante les passagers, Son calme Tait bientôt oublier les dangers.

Quand ta prunelle étincelante

Va soulever les flots dormans,

Et que ton âme turbulente

Se livre à ses emportements, Il n'est pas un seul homme en nos paisibles plages, Qui ne voulût braver tes plus bruyants orages

Pour tes divins embrassements.

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