HEUR ET MALHEUR
Quel plaisir, quel bonheur, quel triomphe! être femme,
Astre ou fleur, éblouir le regard enchanté,
Sur tous Taire pleuvoir l'éclat de sa beauté,
De mille soupirants voir le cœur qui s'enflamme,
Sur chacun faire poindre un doux rayon d'espoir,
Sans aveux tout promettre et laisser entrevoir
Le jour étincelant des voluptés sans voile !...
Si c'est beau pour la fleur, pour la femme ou l'étoile ,
Quoi de plus malheureux que l'heureux préféré Qui de son iendemain n'est jamais assuré, Craignant qu'un fier rivai, accouru sur sa voie, Du trésor ne s'empare et n'en fasse sa proie!...
0 belle, n'es-tu pas cet astre, cette fleur? Et mol, ne suis-je pas cet amant plein de joie, Chaque jour menacé d'un semblable malheur?