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COUVRONS DE FLEURS LE CHEMIN DU DEVOIR

Air : Dis-moi, soldat...

Législateurs, voyez-vous l'indigence Braver les lois qui peuvent la punir?

Sur notre Code écrivez : Indulgence :

C'est le garant d'un meilleur avenir.

Ah ! le bonheur est un astre si rare, Que presque tous nous passons sans le voir! Pour le mortel qui tombe ou qui s'égare Couvrons de fleurs le chemin du devoir.

Quand la brebis erre dans les campagnes, Le bon pasteur la cherche tout le jour; Il la ramène auprès de «es compagnes, Et de doux soins il l'accable au retour. II est des torts qu'une larme répare, Et la clémence est mère de l'espoir :

Pour le mortel qui tombe ou qui s'égare Couvrons de fleurs le chemin du devoir.

Plus d'anathème à la vierge candide Qui, loin du nid poursuivant le bonheur, Crut s'envoler vers un banquet splendide, Et s'abreuva d'un amer déshonneur.

Elle aurait pu, sur un sol moins avare, Sous la vertu s'abriter jusqu'au soir : Pour le mortel qui tombe ou qui s'égare Couvrons de fleurs le chemin du devoir.

L'infortuné qui souffrit sans relâche Avant le temps veut-il fuir le malheur? Loin de crier : Notre frère est un lâche ! Portons un baume à sa longue douleur.

Quand de ses sens le vertige s'empare, Vile en nos bras courons le recevoir : Pour le mortel qui tombe ou qui s'égare Couvrons de fleurs le chemin du devoir.

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