MES RÊVES
Air : J*ai piis goût à la République..,
Mes amis, voulez-vous connaître Tous les beaux rêves que je fais?
D'ici-bas je vois disparaître Tous les abus, tous les forfaits.
A Thomme accordant une trêve, Les cieux annoncent d'beureux jours, j Le bonlieur ne fût-il qu'un rêve.
Ah ! laissez-moi rêver toujours.
Dieu, ta justice est inflnle :
Je vois le trône des Césars S'éclipser devant le génie, Céder la couronne aux beaux-arts.
Le peuple brûle sur la Grève Le gibet, frère des vautours.
Le bonbeur ne fût-il qu'un rêve, Abt laissez-moi rêver toujours.
LACIIAMBF.Al'DIE. 16
i74 POÉSIES DIVERSES.
Amis, dans se siècle équitable.
Le fils du riche el rorphelin Sont assis à la même table, Ont part au même habit de lin.
Aux dignités nul ne s'élève Par l'intrigue ou de vains discours.
Le bonheur ne fût-il qu'un rêve.
Ah! laissez-moi rêver toujours.
Sillonnez nos plaines fertiles, Phalanges de gais travailleurs ; Dans nos landes, jadis stériles, Moissonnez des fruits et des fleurs . Le vieillard, dont le temps s'achève A l'aumône n'a plus recours.
Le bonheur ne fût-il qu'un rêve, Ah! laissez-moi rêver toujours.
Tous les hommes, unis en frères Par des liens harmonieux, Répandent aux deux hémisphères Les mêmes lois, les mêmes dieux.
Le bruit des canons et du glaive N'effarouche plus les amours.
Le bonheur ne fût-il qu'un rêve, Ah! laissez-moi rêver toujours.
Bonheur entrevu sous un prisme.
On t'oppose de toutes parts
Et rignorauce et l'égoïsme, Et des cachots, et des remparts.
Malgré la digue qu'on élève) L'humanité suivra son cours...
Le bonheur ne fùt-il qu'un rêve,.
Ah ! laissez-moi rêver toujours.